Le chantier de fouille de 2023 s’est déroulé sur deux semaines complètes et a réuni des fouilleurs habituels et une équipe de sept picards venus en renfort. L’ambiance était au beau fixe, contrairement au temps un peu humide en cette période estivale. La fouille a permis de dégager des bâtiments primitifs, antérieurs au XIIIe siècle compris entre l’hôtellerie et la porterie (fig. 1).

Au sud, de nombreuses structures évoquent la porterie médiévale s’enfonçant sous la porterie moderne réédifiée vers 1735. Comme les années précédentes de nombreux drains en bois et en pierres parcouraient les bâtiments fouillés (fig. 2-4).

Fig. 2 : drain en pierre au sud du mur pignon du bâtiment D.

Fig. 3 : soubassement en tuiles plates de l’adduction d’eau potable de la salle sud du bâtiment D.

Fig. 4 : montant du drain en bois après démontage du linteau au niveau du bâtiment E.
La fouille du puits quadrangulaire identifié en 2018 a permis d’envisager sa profondeur (1,20 m) et la résurgence dans la couche d’argile verte qui permet de l’alimenter. Le parement nord a été démonté pour les observations. Une petite couche de 30 cm d’épaisseur en gravillons servait à filtrer l’eau (fig. 5).

Fig. 5 : le puits quadrangulaire et l’argile assurant son étanchéité.
Une zone très concentrée en restes de faunes pourrait avoir été une zone de préparation alimentaire. En lien avec celle-ci une double vasque en mortier de tuileau devait permettre un nettoyage et une évacuation de ce qui était préparé. Juste au dessous des deux bassins en remplois un solivage sommaire permettait sans doute de circuler à pied sec (fig. 6).

Près de la berne des niveaux de sol en carreaux de pavement et un contrefort montrent les nombreux remaniements de la zone. Ces deux structures sont anciennes, en lien avec la porterie médiévale (fig 7 et 8).

Fig. 7 : le niveau de sol en dalles de terre cuite près de la porterie.

Fig. 8 : Un des contreforts de la porterie (XIIe siècle).
Comme les années précédentes de la céramique culinaire s’échelonnant entre le XIIIe et le XVIIe siècle a été mise au jour à côté de tuiles et de terres cuites architecturales originales (fig. 9). Un jeton monétaire de Nuremberg de 1575 montre la poursuite des contacts à avec l’est de l’Europe à l’époque moderne.

Fig. 9 : terre cuite architecturale avec décors de dents triangulaires sur la base.
L’ensemble de la zone a été remblayée pour préparer la mise en œuvre de l’agrandissement du jardin archéologique en 2024 ou 2025.


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