In memoriam Georges Viard

(13 novembre 1934 – 10 juillet 2025)

Georges Viard, Georges comme l’appelait ses proches amis avec respect et affection, langrois de souche et de cœur, eut une vie féconde, et il laisse une œuvre considérable.

Agrégé en Histoire, après un passage en lycée où il acquit une pédagogie qui ne le quittera plus, il enseigna à l’université de Nancy II en Histoire Moderne à partir du milieu des années 1970.

Notice biographique sur Georges en 1981.

Ses recherches sur l’histoire et la vie culturelle langroise firent progresser la connaissance de la ville. Son travail d’historien le poussa à s’impliquer dans différentes associations patrimoniales, telles la Société Historique et Archéologique de Langres, l’Association pour la sauvegarde et la promotion de l’Art Sacré en Haute-Marne et l’Association des Amis de l’Abbaye de Morimond.

Il participa aux côtés de Jean Favre à la création en 1990 de la deuxième Association des Amis de Morimond, à l’achat, avec l’aide des Amis allemands de Morimond, de la partie du domaine de l’abbaye de Morimond où se trouvent les ruines et quelques bâtiments en élévation. La restauration de chapelle Sainte-Ursule fut menée à bien et devint dès lors le lieu phare de l’association. Tout le temps qu’il consacra à Morimond en tant que président, il eut à cœur de la rendre bien vivante et toujours en expansion.

En août 2002 avec le maire d’Altenberg Willi Tilmann et la pierre en provenance de cette abbaye.

C’est Jean Favre accueillit à Morimond Benoît Rouzeau, et ouvrit le gite à de petites équipes d’archéologues depuis 1994 jusqu’en 2000, année de son décès. Mais c’est Georges qui permit ensuite avec joie que le projet archéologique prenne de l’ampleur, centré d’abord sur l’hydraulique du lieu, puis sur la mise au jour de ce qui sera désigné comme les traces de la première hôtellerie de l’abbaye, remontant au XIIe siècle.

Commença alors un travail de longue haleine, la réunion de nombreux historiens au chevet de l’abbaye. En 2002 sous l’impulsion de Georges, Benoît participa à la mise en place d’une exposition permanente sur Morimond à la chapelle Sainte-Ursule pour mettre en valeur ce lieu restauré et présenter aux visiteurs l’histoire du site.

Inauguration de l’exposition permanente sur l’histoire de Morimond dans la chapelle des étrangers avec de gauche à droite derrière Georges, Laurent Bertrand, monsieur Huot (Vauluisant), monsieur Charlier (La Crête), madame Favre et Georges Poul, Drac de Champagne Ardenne à l’époque, 2002.

Georges, qui était déjà partie prenante du premier colloque sur Morimond (Morimond et son Empire, Chaumont, 1992, Cahiers Haut-Marnais n° 196-199, 1994), lanca le deuxième colloque, qui aboutit à la publication d’un beau volume, L’abbaye cistercienne de Morimond : histoire et rayonnement colloque international (actes réunis par Georges Viard, Langres, 5-6 septembre 2003).

Toujours soucieux de faire mieux connaitre le site aux visiteurs, il permit entre 2005 et 2009 les travaux qui aboutirent à la mise en place sur le site de Morimond de la signalétique extérieure.

Il sut s’entourer de personnes de bonne volonté, et il inaugura quelques pratiques devenues rituelles, la journée « Portes Ouvertes », le repas champêtre et le concert annuel, qui restent des temps fort pour l’Association.

C’est lui qui eut l’idée de proposer aux visiteurs, à la chapelle Sainte-Ursule, un petit livre sur l’histoire de Morimond réalisé conjointement par lui, Benoit Rouzeau et Hubert Flammarion,Morimond, quatrième fille de Cîteaux (Langres, Association des Amis de l’abbaye de Morimond, 2010 rééd. 2017).

C’est sous sa présidence, en 2013, pour que le chantier de fouilles ne reste pas une parenthèse enchantée, que le jardin archéologique fut inauguré, pour que tous bénéficient des apports de dix ans de recherches sur ce lieu.

Le début de la croissance des charmes du jardin archéologique!

En outre, chaque année au temps de sa présidence, il invitait amicalement et discrètement au restaurant Brauen les archéologues et les membres du bureau des Amis de Morimond, avant l’animation du site l’après-midi de la journée « Portes Ouvertes ». Tous les fouilleurs savent combien ce geste les a marqués dans le respect qu’il exprimait. Il sut toujours prêter une oreille attentive aux projets des archéologues pour mettre Morimond dans la lumière, et veiller à leur confort, alimenter la citerne en gaz, acheter des caisses pour les objets de la fouille, etc.

Il accompagna avec prudence les projets de restauration du pavillon de la porterie et du bâtiment de la bibliothèque du XVIIIe siècle.

Les travaux de fouilles de Benoit Rouzeau ayant donnés des résultats tout à fait intéressants et très nouveaux, et à l’approche du neuvième centenaire de la fondation de l’abbaye (traditionnellement considérée en 1115, mais repoussés en 1117 par les recherches de Michel Parisse), il organisa un grand colloque, le troisième, qui aboutira au gros volume intitulé Morimond 1117-2017. Approches pluridisciplinaires d’un réseau monastique (Benoît Rouzeau et Hubert Flammarion (dir.), PUN – Éditions universitaires de Lorraine, 2021, 520 p.), dont il a été la cheville ouvrière de bout en bout, même si la présidence de l’association n’est plus assurée par lui depuis 2016.

En effet, une de ses préoccupations récurrentes était de passer la main à d’autres membres de l’Association, afin que tout le travail réalisé ait une pérennité solide. Et ce fut le cas. Entre 2016 et 2025, trois présidents lui ont succédé, sans que jamais il ne perde son intérêt pour l’Association des Amis de Morimond, même durant ses dernières années, quand ses déplacements se faisaient plus rares et plus difficiles.

Georges savait mettre son érudition à portée de tous. Il captivait son auditoire par son éloquence, son vocabulaire recherché et sa grande rigueur dans ses recherches, citant ses sources et n’affirmant rien sans preuve. Il aimait la compagnie et avait beaucoup d’humour, émaillant les conversations d’anecdotes savoureuses.

Georges était un humaniste à tous les sens du terme. Avec lui disparaît toute une bibliothèque, mais ses écrits demeurent et continueront d’animer Morimond, pour laquelle il fut un mentor, un moteur, une impulsion, une âme. Reconnaissance.

Cérémonie d’adieu à Georges, Langres

Thérèse et Hubert Flammarion, Benoit Rouzeau.

Laisser un commentaire

Un Site WordPress.com.

Retour en haut ↑