Fouilles archéologiques 2020

La fouille programmée sur le site de l’abbaye de Morimond s’est déroulée du 23 juillet au 6 août 2020. L’objectif principal en ces temps de Covid19 était déjà d’arriver à maintenir l’opération archéologique même en ayant moins de fouilleurs. Nous avons donc pu faire cette campagne. Sur le site de l’abbaye nous avons progressé sur la fouille de plusieurs bâtiments associés à l’hôtellerie. La prise de vue par drone réalisée par Luc Thomas vous donne une idée de la zone de fouille limitée au sud par le chantier de restauration de la porterie et au nord par le bâtiment A de l’hôtellerie déjà végétalisé. Un plan d’ensemble vous guide pour les noms des bâtiments et de leurs annexes. Ceux concernés cette année sont les bâtiment D et E.

Vue de la zone de fouille depuis le nord ouest, cliché pris par drone, Luc Thomas août 2020.
Plan de la zone fouillée, état des lieux en août 2020 (Benoit Rouzeau).

Dans le bâtiment E l’extrémité septentrionale a enfin été mise au jour. Il s’agit d’un gros massif de fondation de plus d’un mètre de large sur lequel reposait un mur qui a été très largement récupéré vers l’ouest. Seules subsistent quelques dalles de sol en terre cuite le long du mur. Les dalles du drain en grès qui traversaient le mur sont encore visibles de part et d’autre du mur.

Le mur Us 1198, son assise de fondation et le linteau du drain en dalles de grès le traversant (Benoit Rouzeau)

Dans la partie amont du bâtiment E, le drain en bois sous ces dalles de pierre est conservé et au-delà de ce bâtiment il se poursuit. La fouille 2020 a pu mettre en évidence que ce drain était subdivisé en deux branches avant d’entrer dans le bâtiment E. Les planches recouvrant ce drain de bois ont été datées par dendrochronologie de la première décennie du XIIIe siècle. Cela confirme avec les autres datations effectuées les années précédentes une mise en place dans la première moitié du XIIIe siècle du drain et du bâtiment E qu’il traverse. Un sol avec des carreaux de pavement en remploi se situe aussi au-delà et participe du groupe de pièces mises en évidences vers la porterie d’époque moderne.

Les drains de bois se réunissant dans le même drain à gauche et le sol de carreaux de pavement en remploi à droite (Benoit Rouzeau).

La fouille a aussi permis de travailler sur de nombreux drains en pierre qui traversent les soubassements des pièces du bâtiment D. Certains traversent des murs de plus d’un mètre. Ils sont vraiment très nombreux soit qu’ils rejoignent le grand égout de l’abbaye et qu’il sont orientés nord-sud en longeant les murs gouttereaux, soit qu’ils protègent les murs pignons des bâtiment et qu’ils soient orientés est-ouest.

Le drain occidental du bâtiment D sous la couche de préparation de sol en tuiles posées de champ. Cet égout passe sous le mur gouttereau à l’ouest du bâtiment D (Benoit Rouzeau).

Les sols d’époque moderne du bâtiment D ont continué à être fouillés et les préparations de sol en tuiles posées de champs sont identiques dans les salles 1 et 2. Ces transformations du XVIe siècle recouvrent des niveaux de sols plus anciens où ont été mis au jour des monnaies médiévales sous plus de 50 cm de remblais. Il s’agit d’un denier tournois frappé sous Louis IX après 1245 et avant 1270, d’un denier d’argent frappé sous Ferry IIII duc de Lorraine (1251-1303) et d’un denier tournois à l’O rond frappé sous Philippe IV Le Bel (1285-1314). Elles confirment que le quartier de l’hôtellerie est très actif dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

L’assise de préparation du sol de la salle 2 du bâtiment D réalisée avec des tuiles posées de champ (Benoit Rouzeau).

Dans la tranchée de récupération du mur du corridor oriental au bâtiment D a été mise au jour une fusaoïle qui témoigne de l’activité de filage soit de la laine soit de fibres végétales (chanvre, lin). Elle met en relief les activités artisanales pratiquées par les moines blancs pour gérer leur domaine de manière assez autonome.

Fusaïole de 5 cm de diamètre avec perforation centrale pseudo circulaire (Benoit Rouzeau).

Plus à l’ouest des structures plus anciennes que le bâtiment E ont été mises au jour. Elles pourraient correspondre à des aménagements préparatoires à la mise en place de ce bâtiment, peut-être au XIIe siècle. On y trouve des alignements de pierres, des drains non encore fouillés. Un important dépôt de faune a été identifié à l’ouest. Il s’agit d’après les premières observations de gros os de bovidés. Une étude complète de la faune livrée par les 15 ans de fouille est d’ailleurs en cours.

Faune, os de bovidé mis au jour à l’ouest du bâtiment E (Benoit Rouzeau).

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